lebohec


"A partir de 235 après JC, Rome traverse une sombre période d'anarchie, où les guerres civiles provoquent des ravages et la ruine de l'empire. Conjointement, la pression des barbares se fait plus forte. A partir de 257, la situation devient catastrophique. Les Alamans franchissent le limes et se répandent en Gaule, en Espagne, et en Cisalpine, menant des raids jusqu'en Maurétanie. Les Goths et les Hérules, installés au nord de la Mer Noire, ravagent les Balkans et conduisent des raids le long des côtes de la Mer Egée. Les Perses, sous la domination de la jeune dynastie Sassanide lancent une grande offensive jusqu'en Syrie, capturant l'empereur Valérien en 260. A l'ouest, Postumus forme à partir de 258 l'empire sécessioniste des Gaules, qui regroupe Bretagne, Gaule et Espagne et résiste à la pression des barbares. En orient, c'est l'extraordinaire destin de Palmyre qui, à partir de 267, éloigne la menace Perse et en vient à dominer tout l'est de l'empire. Ces deux états, ne laissent à Rome que la partie médiane de l'empire à défendre, et préservent ses parties orientale et occidentale des barbares.
(...)"

Ce n'est pas le quatrième de couverture. C'est ce que j'avais écrit il y a quelques années pour accompagner une petite campagne DBA publiée dans le Messager et jouée au club. Je ne reproduis pas le paragraphe suivant parce que Yann Le Bohec n'est pas d'accord avec le faire que Gallien ait commencé a redresser l'empire.

Cet livre a semble-t-il écrit en réaction à de nombreux ouvrages sur la question, pour réfuter ou rectifier. C'est fait avec beaucoup d'ironie, dirigée tant vers ses confrères que vers certains auteurs antiques et même les empereurs romains, la répétition de leurs titres ronflants de vainqueurs produisant un effet comique de répétition.

Le livre est donc tout entier consacré à l'armée romaine pendant cette période. Certains chapitres sont chronologiques, décrivant la succession des empereurs et leurs luttes. D'autres s'intéressent à l'armée romaine, son recrutement, sa tactique. D'autres encore étudient tour à tour les ennemis des Romains : les Germains, recouvrant un éventail de peuples fort divers (Francs, Alamans, Goths), les Perses Sassanides, les autres. D'autres parlent des parties sécessionnistes de l'empire : l'empire des Gaules et Palmyre.

Tout ça est intéressant, même si, connaissant déjà trop la période (et ayant mené un certain nombre d'armées de la période sur des tables avec diverses règles de jeu), je me suis moins amusé que je l'aurais du.

Par rapport à d'autres livres du même auteur (celui sur César ou sur les Guerres Puniques par exemple), celui-ci entre moins dans la tactique et ne propose pas de description de batailles. C'est dommage parce que cette période marque la transition entre l'armée romaine du haut empire et celle du bas empire, très différente, tant dans ses tactiques que sa composition. Mais peut-être n'a-t-on tout simplement pas les sources pour faire cette analyse sur l'évolution de la tactique. Mais la transition est étudiée tant du point de vue de l'armement que de celui de la composition.

Donc, rien de vraiment fracassant, mais un livre à conseiller à ceux qui s'intéressent à la période ou en jouent des armées sur les tables de jeu.