Le Psilete est de retour

Le site de référence de l'interrégolistique

10 octobre 2009

L'enfoiré !

Désolé pour le titre. Il faudra aller jusqu'au bout de ce livre pour comprendre.

glg

Gagner la Guerre, de Jean-Philippe Jaworski

J'ai déjà parlé de Janua Vera sur ce même blog. Gagner la Guerre reprend le personnage central d'une des nouvelles de Janua Vera : Benvenuto Genufal le spadassin, et en fait le narrateur de ce pavé. Il est donc utile mais pas indispensable d'avoir lu Janua Vera auparavant, d'autant que de nombreux personnages des nouvelles de Janua Vera font des apparitions parfois subtiles dans le roman.

On est donc dans la suite de Mauvaise Donne, à Ciudalia, une cité ouvertement calquée sur l'Italie du quatrocento : Venise, Florence ou Gênes, en guerre contre les Ressiniens qui sont des Ottomans à peine voilés. Ces modèles historiques donnent une grande profondeur à l'univers, qui est épicé par des touches assez modestes de fantasy : elfes, nains (on devine même des hobbits ou similaire : on devine beaucoup de choses dans ce roman - et on devine qu'il y a plein de choses qu'on pourrait deviner), mais surtout de la magie, pratiquée par des sorciers passablement effrayants.

Le roman fait un peu l'effet d'une très longue nouvelle. Pas une grande construction avec des arches majestueuses et de grands effets préparés sur des centaines de pages, mais une sorte de chronique de six mois la vie du héros, assez déroutante, avec une fin aussi abrupte que le début, et qui ne résout finalement rien. L'enfoiré !

Malgré cela je suis resté scotché jusqu'au bout. Le narrateur, ancien lansquenet, assassin, spadassin, à présent maître espion, est un personnage très noir et pourtant étonamment attachant. Le récit est de toutes façons profondément immoral. La galerie de seconds rôles - patriciens, ruffians, jeunes nobles, assassins, sorciers - est haute en couleur. La description des intrigues de Ciudalia - machiavéliques forcément - qui donnent tout le ressort du récit est captivante. On bouge beaucoup, on voyage, on assiste à des batailles, des coups de mains, des duels et des évasions spectaculaires, mais le récit fait la part belle aux descriptions d'un monde épais et vivant.

Janua Vera m'avait fait l'effet d'une palette de styles. Dans Gagner la Guerre, c'est une seule couleur de cette palette qui est utilisée, ou plutôt une voix, celle de Benvenuto Gesufal, toujours reconaissable et jamais lassante tout au long des 700 pages de ce livre, ce qui présage bien des ressources restant à l'écrivain !

"Dans le milieu de la grande truanderie, Rosso Dagarella était ce qu'on appelle un lézard. Le lézard est un expert de la poudre aux yeux, de l'infiltration, de l'imposture. C'est un spécialiste de la mue, un champion de l'incognito, un virtuose du ni vu ni connu. Qu'on n'aille pas imaginer je ne sais quel cabotin qui aime se déguiser comme un pitre de carnaval : le lézard serait plutôt tout le contraire. Ce jour-là, Rosso Dagarella portait un vêtement assez commun, mais de bonne coupe, qui aurait pu habiller un bourgeois modeste ou un maître artisan. Tout son art tenait dans son sens du mimétisme : un lézard ne se cache pas, ne se masque pas, ne se livre pas à un stupide jeu d'acteur. Il sait juste adopter avec naturel les attitudes et les comportements de l'humanité ordinaire ; il se contente d'emprunter tous les gestes, tous les accents, toutes les allures, sans jamais appuyer ou surjouer. Il adhère simplement à la normalité des pigeons qu'il veut plumer et des limiers qu'il veut semer. La meilleure planque d'un lézard, c'est la cohue des marchés, c'est la ferveur des processions, c'est le tourbillon frôleur des bals. Il est toujours juste là où on ne le cherche pas, un peu à côté, presque sous vos yeux. Qu'il ait un cave à lessiver ou un ennemi à éviter, il le colle généralement de si près qu'il demeure inaperçu. Il rôde aux lisières de son entourage : dans la domesticité des amis du client, dans les buveurs qui trinquent avec ses hommes de main, dans les messagers qui portent son courrier. Il s'expose avec une insolence si tranquille qu'il reste toujours couvert."

Bref un roman captivant, à lire, très très au-dessus de la nanarderie vers laquelle la fantasy a naturellement tendance à tendre.

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08 septembre 2009

Fantasy en pseudo trilogie

Un petit billet "littéraire" pour raconter mes dernières lectures de fantasy. Trois ouvrages qui sont loin du magma insipide des séries de tomes racontant l'histoire d'un ptit gars promis à un grand destin.


Le livre de Cendres, de Mary Gentle (Book of Ash)

C'est disponible en poche en 4 tomes.

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L'édition que j'ai lue (d'occasion, plus économique, un seul bouquin mais GROS et LOURD) : à éviter de lire pour s'endormir, car gare à l'assommage quand ça vous tombe des mains.

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Un livre qui commence comme un roman historique. Ash (Cendre) est une jeune femme capitaine d'une compagnie de mercenaires dans les années 1470. Les années de Charles le téméraire, duc de Bourgogne. Le livre commence au siège de Neuss en 1475. Ash est certainement inspirée par Jeanne d'Arc, car elle entend des voix.

Très vite on s'aperçoit que l'on est en train de lire la traduction d'un manuscrit en latin médiéval car le récit est entrecoupé à intervalles réguliers par la correspondance entre le traducteur et son éditrice. Le style est sans concession sur la vie de camp d'une compagnie de gens qui ne sont pas des enfants de coeur, et qui viennent de toute l'Europe. Une immersion dans la vie de l'époque dans ses aspects triviaux.

Et puis commencent à arriver des détails bizarres. Les prêtres vêtus de vert, les Wisigoths d'Afrique du Nord. Peu à peu on bascule dans l'uchronie et on découvre un univers parallèle.

Flirtant avec le roman histrorique, la fantasy et la SF, récit en abyme sur une uchronie, et qui ménage des surprises jusqu'à la fin.

J'ai aimé le récit qui se dévoile peu à peu, la qualité de l'exercice de l'uchronie (l'auteure a une formation d'historien), le thème en général. Gros défaut cependant, c'est TRES long. Avec trop de répétissage (les détails consacrés au costume par exemple, finissent par horripiler quand ils sont répétés tout au long de 1000 pages - roman de femme :) ) S'il était moitié moins épais, je le conseillerais très fortement. En sa forme actuelle, il est un peu frustrant pour des gens peu patients comme moi. Je l'ai quand même terminé.


Le deuxième est La Horde du Contrevent, d'Alain Damasio

contrevent


Au bout d'une demi page, je me suis dit que je ne le terminerais probablement jamais. 150 pages plus tard je me suis enfin aperçu qu'elles étaient numérotées à l'envers, en forme de compte à rebours. Et, finalement scotché, je suis allé jusqu'à la page 1 en un temps record.

La Horde du Contrevent ne ressemble à pas grand chose de ce que j'ai connu. On est très loin de la fantasy classique, dont aucun des codes n'est repris. Pourtant c'est bien un univers fantastique et héroïque qui est décrit. Un univers balayé par des vents violents, qui soufflent toujours dans la même direction. La Horde, quarante-troisième du nom est formée d'une vingtaine d'individus spécialisés. Sa vocation : remonter à contre-vent depuis l'aval jusqu'à la naissance du vent, le mythique pays d'Extrême-Amont. L'oeuvre d'une vie passée à "contrer", progresser contre les vents, affronter des tempêtes et des obstacles naturels pratiquement insurmontables, déjouer les embûches semés par des opposants au projet, découvrir les formes du vent inconnu, se dépasser, aller jusqu'au bout.

Le livre est profondément original, avec un langage d'une grande inventivité, qui va de pair avec l'originalité de l'univers, poussant jusqu'au bout les variations autour du vent et du temps, et une sorte de "physique" de l'univers confinant à la magie et à la mystique.

Pour ce qui est de la structure, le livre est découpé en "monologues intérieurs" relativement courts des différents personnages, chacun précédé d'un symbole correspondant au personnage (symboles heureusement rappelés sur un marque-page bien pratique), chacun avec son style et son caractère bien reconnaisables. C'est une façon originale et riche de présenter les personnages et leurs interactions. En pratique, on se cantonne la plupart du temps à la demi-douzaine de personnages principaux. La langue est riche et créative, poétique, et chaque personnage a sa manière de s'exprimer distincte des autres.  

Je n'en dis pas plus. C'est un livre unique, addictif, qui mériterait de sortir du "ghetto" de la littérature de genre.

A noter que l'édition originale (j'ai lu l'édition poche) est accompagnée d'un CD reprsentant la "bande originale" du livre (je pense que c'est ce que l'on entend dans cette "bande annonce" du livre. Ce site consacré au bouquin présente entre autres des exemples d'écriture et de jolis dessins (cliquer sur univers).


Enfin, Janua Vera de Jean-Philippe Jaworski

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C'est un recueil de nouvelles dont vous avez sans doute entendu parler chez Mr Green ou Nicofig. Désolé pour les redites.

De l'auteur, j'ai déjà lu... Te Deum pour un Massacre, jeu de rôles consacré à l'époque des guerres de religion, que j'avais lu surtout pour la description des batailles et des campagnes qui vaut largement un livre dhistoire.

Mais revenons au sujet. Les sept nouvelles sont indépendantes, liées uniquement par l'endroit où elles se déroulent, et des références à des événements communs, la même région d'un univers fantastico-médiéval à la magie "light". Elles ont toutes un style différent. Il y a notamment une histoire de fantômes, des histoires d'intrigues politiques, des combats, un conte humoristique, une vie, etc. On passe de caveaux obscurs à des villes pleines de spadassins, de palais monumentaux à des forêts hantées, de la vie villageoise aux châteaux-forts balayés par les vents.

Ecrites dans des styles différents, elles présentent une sorte d'éventail des talents de conteur de l'auteur. Et quel talent ! Certaines nouvelles m'ont fait penser à Howard dans leur efficacité (ce qui est de ma part un grand compliment). Mais ses possibilité sont en fait plus étendues que celle d'Howard. Toutes ces nouvelles, ces contes, se lisent avec un grand plaisir et un réel intérêt. C'est un grand raconteur d'histoire, le format de la nouvelle étant difficile. Et le tout est dans un style riche et élégant sans être ostentatoire.

Seul regret, de la part de quelqu'un qui aime les "grandes constructions", l'univers reste assez fade et un peu terne. C'est peut-être un effet de bord du format (nouvelles). Il est vrai qu'avec les différents aspects entrevus du culte du Desséché, par exemple, on devine une richesse et une originalité possible.

Bref, encore sous le charme, je ne vais par tarder à entamer "Gagner la Guerre" et voir comment il se débrouille avec un roman. 

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14 juin 2009

Les Chroniques de Thomas Covenant

Je commence le défi blogurifantasyque lancé avant-hier et qui consiste à parler des cycles de fantasy que l'on préfère. Soit un, soit tous. Après tout il y a assez de règles à respecter partout pour ne pas s'en inventer là où ce n'est pas nécessaire.

Autre participant :

Je commence par Thomas Covenant, de Donaldson. Parce que je crois qu'il est peu connu. La raison en est qu'il a souffert à l'époque d'une traduction réputée calamiteuse (je ne l'ai pas lue) et charcutée. Il a été réédité récemment en texte intégral et dans une nouvelle traduction (que je n'ai pas lue non plus). Et il est en poche.

Tiens, la couverture : sinon ça ferait un billet sans image.

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J'ai lu ça l'année du BAC - le premier trimestre, heureusement, je ne vous dirai pas en quelle année - et en anglais. Mon premier livre en anglais d'ailleurs. A l'époque mon anglais était plus que moyen (j'ai eu 9 au bac, d'ailleurs) et il m'a fallu trois mois pour terminer les trois gros tomes sans jamais ouvrir un dictionnaire (pas la patience). D'ailleurs je n'ai pas tout compris à l'époque. Mais je l'ai relu bien après.

Et la photo des livres que j'ai lus (piquée sur le net), bien plus évocateurs.

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Une trilogie, donc. Traditionnel pour de la fantasy. Et qui à première vue est très tolkienienne. Le monde libre est menacé par lord Foul, le seigneur du mal local. Au premier rang des défenseurs, un collège de bons magiciens qui ne sont malheureusement que l'ombre de ce qu'ils étaient dans le passé. La cause semble perdue.

L'univers : on est plus dans la fantasy magique et "morale" à la Tolkien que dans la sword and sorcery à la Howard où on découpe des ennemis en rondelle. Je crois qu'on dit "High Fantasy". Le monde - the Land - est magique, éthique et vivant, et peuplé de gens aux hautes vertus morales. Je ne vous dévoilerai pas tout ici mais il y en a une liste longue comme ça, et ce ne sont pas des elfes, nains et orcs. Que des créations originales et "intéressantes". Le monde est passionnant à découvrir, ainsi que son histoire. C'est un univers complet et vous pouvez toujours vous reporter à la page qui lui est consacrée (en anglais) sur wikipedia : http://en.wikipedia.org/wiki/The_Land_(fiction). Une création majeure par elle même, mais ce n'est pas tout, car...

...et Thomas Covenant dans tout ça ? C'est le "héros" de cette histoire. En même temps le pire des anti-héros qu'on puisse imaginer. Et il rend cette histoire encore plus intéressante et ambitieuse. Thomas Covenant est un écrivain de notre monde qui a écrit un ou deux romans à succès. Et puis tout bascule. Il contracte la lèpre.

Il perd deux doigts, et toute sensibilité dans ses extrêmités. Tout le monde l'évite. Ses concitoyens essaient de lui faire quitter la ville. Sa femme le quitte avec leur jeune fils. Pour survivre, aussi bien physiquement que mentalement, il est obligé de se durcir, de se forger une mentalité de survivant. Aucune pesrpective de guérison.

Et il se retrouve projeté dans cet univers... qui le guérit. Et il est sensé être le héros détenteur d'un pouvoir immense qui doit sauver tout le monde (qu'il ne sait pas utiliser). Et là il n'y croit pas. Il refuse d'y croire. La guérison est impossible. Cet univers doit être un fantasme. S'il se met à se comporter comme un homme guéri, combien de temps pourra-t-il survivre de retour dans la réalité ? D'où le titre complet : les Chroniques de Thomas Covenant l'Incrédule.

Du coup il se comporte dans cet univers d'une manière assez détestable. Un peu comme l'archétype du touriste détestable convaincu que sa culture est supérieure à tout ce qu'il rencontre. D'ailleurs tout ce qu'il rencontre est sensé être une création de son esprit. Peut-on imaginer une pire manière d'appréhender quelque-chose. Pire, il va commettre un crime abject. Thomas Covenant est sans doute l'anti héros le plus frustrant et le plus irritant que j'ai jamais lu. On est loin des héros vengeurs de la fantasy du stade anal.

Bref, une mise en abyme passionnante entre la psychologie du héros et l'univers dans lequel il évolue. Plus un univers original. Je ne vous raconterai pas comment tout ça évolue, mais pour moi c'est une "oeuvre majeure" de la fantasy, ce qui ne veut pas dire grand chose d'ailleurs.

Donaldson a publié une deuxième trilogie, que j'ai lue, et qui n'est pas spécialement indispensable. Et apparemment il a même ajouté quelques tomes récemment, que je n'ai pas lus.

Il a aussi commis Mordant : le miroir de ses rêves, etc., qui est une histoire de fantasy moins ambitieuse et plus conventionnellle. J'ai bien aimé.

J'ai aussi essayé de lire le Cycle de Gap, qui est un space opera touffu inspiré du Ring de Wagner (je suis fan de Wagner, désolé) mais j'ai renoncé avant la fin.

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12 juin 2009

Kane

Comme le dernier billet a généré beaucoup de commentaires, et que le signal figurinistique est plat de ce côté ci de l'interface, j'envisage de transformer ce blog en café littéraire de gare.

Donc je viens de finir le tome 1 de l'intégrale de Kane, de Karl Edward Wagner. Premier de trois qui vient de sortir chez Denoël.

Kane_1

L'intégrale est annoncée avec en tout trois romans, quinze nouvelles et deux poèmes. Ici on a deux romans : La Pierre de Sang (Bloodstone) et la Croisade des Ténèbres (Drak Crusade).

Ca date des années 70-80, mais ça m'avait échappé à l'époque (sans doute pas encore traduit).

Bon, c'est de la bonne vieille fantasy primaire. L'univers ne vous fera pas suffoquer par son originalité. Il y a beaucoup d'action, de sang, de batailles. Kane est un héros désabusé qui fait penser à Conan par certains côtés, et pas du tout par d'autres. C'est une sorte de mortel immortel taciturne en quête de distractions. Sa caractéristique la plus frappante après deux romans est d'être toujours dans le "mauvais camp".

Le truc est suffisamment original, bien charpenté, rapide et bien écrit (et traduit) pour se laisser lire avec un certain plaisir, et finir. Même si je n'irai pas jusqu'à lire les deux tomes suivants.

(à ne pas confondre avec Solomon Kane le Puritain en Afrique, de Robert Howard)

Tiens que diriez-vous de billets décrivant nos cycles de fantasy préférés ? Une sorte de défi blogofantasyque ?

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08 juin 2009

Le Nomade du Temps, Moorcock

J'ai lu un nombre incalculable de Moorcock depuis l'adolescence. Mais sa production est abondante. Donc trois de plus d'un seul coup.

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Ici, un recueil qui regroupe trois romans : Le Seigneur des Airs, Le Léviathan des Terres et le Tsar d'Acier. Il s'agit des aventures d'Oswald Bastable, jeune officier de l'armée coloniale britannique qui, parti de 1902, explore trois vingtièmes siècles possibles à trois époques différentes.

Je passerai sur le côté « multivers » qui ne m'a jamais vraiment fait ni chaud ni froid. Les trois romans sont tous des uchronies, consacrés à des guerres. C'est l'occasion de présenter des personnages historiques dans des emplois alternatifs. Les amateurs de Guerre Civile Russe seront comblés puisque on y retrouve kerensky, Lénine, Trotsky, Staline et Makhno. C'est aussi l'occasion pour Moorcock de parler d'impérialisme, de socialisme, de racisme, de totalitarisme. Les romans ont été écrits dans les années 70.

Les trois parlent de guerre et décrivent des batailles. Et ces guerres se font avec tout un arsenal VSF : dirigeables géants (un peu l'emblême de ce livre), cuirassés terrestres, etc. En fait ces livres semblent un hommage à la science-fiction victorienne, non pas le genre steampunk qui a été inventé après l'écriture de ces livres, mais les ouvrages d'anticipation du début du siècle qui parlaient de la guerre du futur..

En bref, livres d'aventure et de guerre VSF qui se promènent dans le multivers, uchronies qui abordent des sujets politiques.

Ca ne m'a pas trop passionné, mais je les ai quand même terminés... en lecture rapide. Je deviens de plus en plus difficile.

Avant de terminer, au cas où ça intéresserait quelqu'un voici mes trois oeuvres préférées de Moorcock.

Elric le Nécromancien d'abord. Je ne parle pas des séquelles, jeunesses, multiversellisations et autres réécritures de romans, mais des quatre recueils initiaux, qui commencent avec le sac de la cité des Ménilbonéens et se terminent avec la fin du monde. J'ai lu ça il y a vingt cinq ans et je ne sais pas si ça me ferait la même impression si je le lisais pour la première fois aujourd'hui.

Les légendes de la fin des temps ensuite, lues il y a moins longtemps. Une série touchante sur les habitants d'un avenir très lointain et qui s'ennuient.

Enfin, lu tout récemment, Gloriana, brillante fable, uchronique si on veut, qui m'a régalé.

Posté par walktapus à 11:30 - Commentaires [23] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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